On retrouve dans La Vierge toutes les qualités na-tives du jeune maître, avec une haute préoccupation de la ligne, de l’élévation de la pensée et un constant souci de la variété des aspects », écrivait Louis Gallet dans La Nouvelle Revue, suite à la création de l’œuvre, le 22 mai 1880, sous la baguette de Massenet à l’Opéra de Paris. Cette œuvre achève l’exploration par le compositeur stéphanois des figures féminines de la Bible, après Marie-Magdeleine en 1865 et Ève en 1875. L’oratorio La Vierge retrace en quatre tableaux la vie de Marie. Le public, lors de la création, appré-cia surtout le prélude de la quatrième partie, Le dernier sommeil de la Vierge. L’Annonciation, Les Noces de Cana, Le Vendredi Saint, L’Assomption : la pièce compte pourtant quatre tableaux intenses et saisissants. Le simple et le majestueux, la joie et le désespoir : Massenet joue des contrastes dans une œuvre aujourd’hui reconnue comme l’un de ses chefs-d’œuvre, un oratorio presque plus lyrique que certains opéras. Après 31 années d’absence sur la scène de l’Opéra de Saint-Étienne, le voici interprété par l’Orchestre Symphonique et le Chœur Lyrique Saint-Étienne Loire, et par la Maîtrise de la Loire.